Tenir bon sur la coexistence (titre provisoire)

Dialogue avec Élie Barnavi

📅 12/05/2027

Élie Barnavi

Après des études d'histoire et de sciences politiques à Jérusalem, Tel Aviv et à la Sorbonne, Élie Barnavi a été nommé professeur d'histoire de l'Occident moderne à l'université de Tel Aviv, où il a dirigé le Centre d'études internationales. Il a également été ambassadeur d'Israël en France (2000 à 2002).

Mais ce qui fait particulièrement résonner Élie Barnavi avec notre séminaire, c'est sa posture d'intellectuel engagé : dans ses livres, ses tribunes, ses conférences, un même fil conducteur revient — « Tenir bon sur la coexistence ». Coexistence, non comme un vœu pieux, mais comme une exigence politique, fondée sur la reconnaissance de l'autre comme interlocuteur légitime.

Historien, il démonte le mythe du « choc des civilisations » : les cultures ne sont jamais des blocs étanches, mais des ensembles poreux, façonnés par l'échange et le contact.

Ce même réalisme structure son regard sur le Proche-Orient. Il défend la solution à deux États, jugeant qu'une coexistence israélo-palestinienne durable suppose une séparation territoriale assumée, à l'opposé de l'utopie d'un État binational. Il ne se contente pas de la théoriser : il en tire des gestes concrets, comme sa co-présidence, en 2026, du salon littéraire de Nancy aux côtés du Palestinien Elias Sanbar — une prise de position publique en faveur du dialogue.

Il fait également de la laïcité la condition de possibilité de cette coexistence. Les dogmes religieux, intrinsèquement intolérants dès qu'ils débordent la sphère privée, doivent y être contenus. C'est cette mise à distance qui permet aux croyances de cohabiter sans sombrer dans le communautarisme.




Photo extraite de 28 minutes | ARTE